La ménopause fait-elle grossir ou maigrir ?

La ménopause fait-elle grossir ou maigrir?

Une des premières sources d’inquiétude concernant le ménopause, pour les femmes qui s’apprêtent à la vivre, est la prise de poids. D’un autre côté c’est aussi la période où les muscles fondent, ce qui a tendance à affiner les cuisses et les fesses. Alors, la ménopause fait-elle grossir ou maigrir ?

La ménopause fait-elle grossir ?

À la ménopause on prend du poids, mais on en perd aussi. Malheureusement on grossit là où on a toujours voulu fondre, et on maigrit de là où on aurait voulu rester un peu ronde.

En effet, la modification hormonale associée à la ménopause engendre une modification de la répartition des graisse et de la masse musculaire.

Résultat, la ménopause a deux effets sur la silhouette :

  • Elle transvase la graisse des fesses et des hanches au niveau du ventre.
  • Elle réduit la masse musculaire

En bref : la ménopause fait grossir la masse grasse et maigrir la masse sèche (muscles).

La ménopause en deux mots

La ménopause correspond à la période à partir de laquelle les ovaires cessent de fonctionner.

Autour de 50 ans, après avoir pendant toute la période reproductive produit des ovocytes et dispensé des hormones, ils se mettent à travailler au ralenti, puis cessent totalement leur activité.

Il en résulte un arrêt des règles et de l’ovulation. Les hormones féminines ne sont plus secrétées par les ovaires, mais, en très faible quantité par les glandes surrénales et la graisse corporelle.

Pour compenser ce manque d’œstrogènes, l’hypothalamus et l’hypophyse se mettent en surchauffe ce qui entraîne les fameux troubles de la ménopause :

Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, irritabilité, confusion, fatigue, troubles du sommeil, anxiété, sécheresse vaginale…

Ils ne sont pas tous systématiques, et chaque femme vivra ces symptômes de façon plus ou moins prononcée.

Une silhouette modifiée

La ménopause fait-elle grossir ? Oui, la plupart du temps. Logiquement à raison de 500g par an, on se retrouve avec quelques kilos en trop au bout de 5 ans.

Selon une étude publiée en 2012, les changements hormonaux de la ménopause sont associés à une augmentation de la masse grasse globale, et en particulier à une augmentation de la graisse abdominale. (1)

Ce qui est particulièrement gênant, certes pour la féminité, mais aussi parce que la graisse abdominale augmente les risques cardio-vasculaires.

Qu’on prenne du poids ou non, la silhouette se modifie, ce qui donne une désagréable impression de kilos en trop.

Des changements digestif et un ralentissement du transit peuvent également accompagner cette période, et accroître la sensation de ballonnement.

Quand le corps brûle moins bien

Il est également prouvé que la diminution de la production d’œstrogènes augmente la capacité de stockage des adipocytes (cellules graisseuses) et réduit leur capacité à brûler cette graisse. (2)

En effet, la ménopause ralentit le métabolisme : comme la cigarette qui brûle des calories, la présence des œstrogènes soutenait le métabolisme.

Quand les œstrogènes diminuent c’est comme quand on arrête de fumer. Sans changer de mode de vie on brûle moins bien les calories, du coup on grossit si on ne modifie pas quelque chose.

En clair : en conservant la même activité physique on prend généralement du poids à la ménopause, et en particulier au niveau du ventre.

La fonte des muscles

Une étude a récemment démontré que les œstrogènes agissent comme des régulateurs du métabolisme énergétique musculaire, et de la viabilité des cellules musculaires. (3)

En entraînant la fin de la production d’œstrogènes par les ovaires, la ménopause participe donc à la détérioration de la fonction musculaire.

Pour éviter de prendre du poids et de perdre trop de muscle il faut donc adapter son activité en l’augmentant sensiblement.

Ce qu’il faut faire pour lutter : préserver sa masse musculaire.

Pour garder un galbe fessier et des bras bien dessinés, il faut travailler et nourrir les muscles, encore plus qu’avant la ménopause.

Il faudra favoriser les sports de résistance au détriment des sports d’endurance (footing). Marche rapide et musculation maison chaque jour !

Quelle alimentation pour contrer les effets de la ménopause sur la ligne ?

Pour éviter la perte des muscles il faudrait :

  • Préserver son apport en protéines. Chaque jour manger l’une ou l’autre de ces sources de protéines : Oeufs, viande blanche, poisson.

Pour éviter la prise de graisse abdominale il faudrait :

  • Éliminer totalement les sucres dits ‘rapides’ (sodas, jus de fruits, sucreries, viennoiseries, biscuits, aliments industriels avec sucre ajouté).
  • Privilégier les céréales complètes : leur index glycémique est plus bas que celui des céréales raffinées.

Pour compenser la perte en œstrogènes il faudrait

  • Consommer des aliments riches en phytoœstrogènes : soja, pois chiches, graines de lin.

Trop maigrir avant la ménopause : la mauvaise idée

On l’a vu, à la ménopause ce sont les glandes surrénales et la réserve de graisse corporelle qui assurent la production d’œstrogènes.

Logiquement, une femme trop maigre subira les désagrément de la ménopause de façon d’autant plus aiguë que son organisme peine à produire des œstrogènes.

Sachez enfin que les conséquences de la baisse de la production d’œstrogènes sur la santé des femmes ne sont pas anodines : fragilité osseuse et surtout augmentation du risque cardio-vasculaire.

C’est pourquoi il serait préférable de prendre quelques kilos (2 à 4) à la ménopause pour permettre de limiter les effets de la raréfaction des œstrogènes.

Bien sûr, un traitement hormonal substitutif à base d’hormones bio mimétiques peut être envisagé sous contrôle médical.

Mais comme ce traitement ne dure pas plus de 5 ans, il faudra de toute façon se confronter à cette prise de poids et à cette perte musculaire. Autant être bien préparée !

 

Références
  1. Understanding weight gain at menopause. CLIMACTERIC 2012;15:419–429
  2. Adipocyte Fatty Acid Storage Factors Enhance Subcutaneous Fat Storage in Postmenopausal Women. Diabetes, 2012)
  3. Estrogenic regulation of skeletal muscle proteome: a study of premenopausal women and postmenopausal MZ cotwins discordant for hormonal therapy. Aging Cell, 2017